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Chasse à la bécassine en Camargue

La Camargue est un immense triangle de 86 000 hectares créé par le delta du Rhône dont Arles est le sommet et les Saintes-Maries-de-la-mer, au bord de la Méditerranée, le site emblématique. C’est une région qu’on ne peut séparer de ses symboles : les gardians, les manades de taureaux noirs et de chevaux blancs, les flamants roses, le pèlerinage annuel des Gitans… Elle abrite une faune particulière et très riche dont 370 espèces d’oiseaux.

Camargue

Cette région, façonnée à la fois par le Rhône et par la mer, comprend deux types de biotopes humides : la Camargue lacustre toute en eau douce, et la Camargue lagunaire, constituée d’étangs salés. De ce fait, l’eau est partout présente en Camargue. Par irrigation et drainage, la gestion hydraulique permet d’agir directement sur les niveaux d’eau et de lutter contre la salinité du sol.

Une des caractéristiques de la Camargue est la variété de ses milieux. 23% du territoire sont occupés par les cultures et la riziculture. Les milieux urbanisés (Salin-de-Giraud, Saintes- Maries-de-la-Mer et les mas isolés) représentent 2%. Conquises sur la mer, au sud et sud-ouest du delta, les salines qui abritent une microfaune essentielle pour de nombreux oiseaux, forment 16% de l’ensemble. Enfin, plus de la moitié, soit 51%, est constituée de milieux naturels. Ce sont les marais ; les sansouïres (paysage et formation végétale dominée par des salicornes - enganes - buissonnantes sur des terrains peu irrigués où le sel affleure lors des chaleurs) ; les bois ; les milieux lagunaires et littoraux ; les rives des deux bras du Rhône, couvertes d’une forêt plus ou moins dense, la ripisylve, et enfin les bords de mer et les plages.

L’autorité administrative a partagé en deux cette entité géographique. La grande Camargue, située dans les Bouches-du-Rhône, comprend la Réserve naturelle zoologique et botanique dont l’étang de Vaccarès est la pièce maîtresse. Jouxtant cet étang, existent des chasses hors du commun, connues à travers la France entière, comme Fiélouse ou Basse-Méjanes. À l’ouest, dans le Gard, se trouve la petite Camargue dont Aigues-Mortes, à cause de ses qualités touristiques, est la ville la plus connue.

Camargue

La chasse.

L’abondance de l’eau et de l’avifaune aquatique font de la Camargue une région privilégiée pour la chasse au gibier d’eau. La chasse des bécassines se pratique dans les marais. Liés à la présence du fleuve, ceux-ci sont plus ou moins permanents. L’eau y est douce, parfois légèrement saumâtre. En été, beaucoup d’entre eux sont inondés artificiellement. Les marais ouverts présentent une végétation clairsemée et submersible : la gratte, composée de mille-feuilles, potamots, renoncules d’eau… Les roseaux ou sagnes qui poussent sur le bord des roubines (canaux), sont récoltés en hiver et servent à la confection des toits de chaume et des « paillassons » (pare-soleil, pare-vent). Les chasseurs les utilisent pour confectionner de petites caches, les « agachons ».

La chasse du gibier d’eau en Camargue est avant tout celle des becs plats et les bécassines ne sont tirées qu’à l’occasion, ce qui leur permet de stationner dans cette région où l’élevage leur offre des territoires d’exception aussi bien pour la nourriture que pour la tranquillité. La passée concerne avant tout les canards et les sarcelles. Les vanneaux et autres limicoles y sont aussi tirés, mais les tableaux de bécassines restent très limités.

Chevaux camarguaisLa quête de la bécassine se pratique devant soi, dans les parties de marais humides recouvertes de végétation basse. Les bécassines des marais sont en général abondantes. En période de coupe de roseaux, fin novembre, décembre, elles aiment les terrains fauchés, surtout lorsque les taureaux y sont nombreux. On rencontre aussi quelques sourdes, arrivées à partir de fin septembre. La chasse en bateau est peu pratiquée et les battues, sauf pour les macreuses (foulques), sont quasiment inexistantes.

La Camargue par sa variété, sa diversité, sa richesse écologique, ses traditions fortes, jalousement conservées par ses habitants, est un lieu de réputation mondiale. Même si les rizières ne sont plus ce qu’elles étaient à cause des traitements chimiques, même si la jussie emplit les mares et les canaux, souhaitons que la Camargue demeure telle qu’elle est, et qu’elle reste une zone d’escale bénie pour les bécassines qui vont hiverner en Afrique du Nord et une zone d’hivernage pour d’autres, moins voyageuses.