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Les territoires d’escale et d’hivernage

Les bécassines ont besoin d’un sol meuble, mouillé, riche en invertébrés, avec des obstacles qui leur permettent de se protéger du vent et de se cacher des prédateurs, et d’un minimum de calme. La sourde exige une végétation plus haute pour se tapir et un sol marécageux propre à son régime alimentaire plus sélectif.

Territoire d'escale et d'hivernage

Il y a neuf types de territoires qui, parmi les 1,3 millions d’hectares de zones humides françaises, peuvent accueillir les bécassines, à condition que la hauteur de la nappe d’eau, au moins sur les bords, soit inférieure à 4 cm. Voici donc ces biotopes.

1 - Les marais, permanents ou non, et les fonds de vallées.

Il s’agit souvent de la même chose : beaucoup de marais sont en partie alimentés par une rivière ou un ruisseau. Certains autres ne sont alimentés que par la pluie ou par des puits artésiens. Ce sont des lieux généralement aménagés.

Rizière2 - Les rizières

Les parcelles irriguées, closes de diguettes, sont propices ou non selon le stade de la culture ; la hauteur d’eau variant suivant les besoins du riz. Certains procédés de culture qui ont fait leur apparition il y a quelques années, notamment en Camargue, sont rédhibitoires pour les bécassines. Ils consistent, à un certain stade de développement de la céréale, à assécher totalement les plantations jusqu’au durcissement complet de la terre, afin d’y faire passer les machines agricoles. L’eau qui est ultérieurement remise, glisse à la surface du sol au lieu de l’imprégner en profondeur et ne permet pas le retour des proies nécessaires. Ces pratiques s’accompagnent de forts traitements insecticides, néfastes aux invertébrés.

Queue d'étang3 - Les queues d’étang et les mares des huttes.

Les bords marécageux de toute étendue d’eau peuvent accueillir des bécassines, selon la végétation qui les couvre. Plus rase sera celle-ci, plus les bécassines pourront s’y plaire. Ce sont à l’évidence des lieux qui peuvent être aménagés. Quant aux huttes, les bécassines peuvent en fréquenter le bord des mares, dans la mesure où les rives sont aménagées par la fauche répétée d’une végétation haute ou semi haute. C’est le cas de la roselière de la baie de Seine.

4 - Les pâtures marécageuses retenant les précipitations.

Ces territoires se trouvent un peu partout dans les régions de plaine et notamment en Basse-Normandie. Ils ne sont pas aménagés, la présence des bestiaux remplaçant plus ou moins avantageusement cette lacune.

5 - Les terres cultivables humidifiées suite à de fortes précipitations.

Les bécassines ne viennent sur ces terres trop sèches qu’après de fortes pluies. Ces cultures humides et autres pâtures inondées sont difficiles à chasser devant soi, d’une part à cause de leur platitude et d’autre part en raison de la dispersion des bécassines qui rend la chasse peu fructueuse ou, plus tard en saison, de leur concentration en bandes inapprochables. De telles étendues ne peuvent être chassés qu’en battue. Comme en Bretagne où les oiselles sont levées dans les champs de choux-fleurs et d’artichauts, tandis que les tireurs sont postés plus loin.

Gabion6 - Les étangs piscicoles et les bassins de décantation, par baisse du niveau.

Ces nappes d’eau (Brenne, Dombes, Sologne…) peuvent accueillir des oiseaux sur leurs bords, comme la plupart des étangs. Mais c’est quand ces réservoirs sont mis en assec, pour être pêchés qu’ils deviennent souvent (selon la nature du sol) des lieux d’accueil. Les bécassines viendront se nourrir tant que l’eau stagnera en flaques, puis partiront quand le niveau remontera.

Terres7 - Les rives et vallées des fleuves et rivières

Les rivages offrent en permanence de anses propices (Loire). De plus certaines vallées deviennent favorables quand elles sont inondées. Dès lors, il y a création d’îles, de buttes et de limites d’inondation dans les champs qui sont autant de lieux propices. Chaque crue détermine ces endroits selon sa puissance.

8 - Les tourbières

Elles existent partout : au niveau de la mer (Brière), comme en moyenne altitude (sagnes et narses du Cantal). C’est un lieu de prédilection pour le repos diurne et le nourrissage complémentaire : l’acidité de la tourbe étant moins favorable aux proies de nos oiseaux que la terre arable.

Marais de l'Aubrac9 - Le schorre (la zone intertidale et les herbus).

C’est un milieu saumâtre, faisant partie du domaine maritime, composé par la partie herbue du fond des estuaires, inondable par fortes marées, mais aussi par la pluie. Le même environnement se retrouve dans les marais salants : Vendée, Camargue... Ce biotope sera d’autant plus attractif que les herbes y seront basses. Les moutons de prés salés limitent la végétation, mais insuffisamment. Sauf par temps de gel, ce territoire n’est, qu’une brève escale.